UN GRAND UNIVERS

pour de si petits hommes  ...                 

MON INTENTION     

Mon travail artistique cherche à exprimer les contradictions de notre époque, ces fractures qui existent entre ce que nous disons vouloir et ce que nous faisons réellement. Je m’interroge sur nos paradoxes conscients ou inconscients: notre rapport à la nature et la surconsommation, l’illusion de solidarité dans une société souvent égoïste, l’emprise des réseaux sociaux, et cette quête incessante de productivité qui nous empêche de ralentir.

Mon intention est de montrer ce décalage, cette tension permanente entre l’ombre et la lumière, entre l’obscurité qui semble dominer et l’espoir qui subsiste malgré tout. Je veux inviter chacun à regarder ce qui est là, ce qui persiste au-delà des apparences.

MON APPROCHE CRÉATIVE

L’inspiration naît souvent de la rencontre d’une situation, d’une matière ou d’un objet qui me parle. Elle se matérialise en notes puis en dessins. Toutes ses idées évoluent, maturent doucement, inconsciemment et prennent un sens dans des instants de demi conscience. Une idée claire d’une création jaillit alors. Je dois ensuite créer sans réfléchir de manière instinctive. J’utilise un mélange de peinture et de sculpture, intégrant des matériaux variés comme la peinture, le plâtre, les bulles de savon, la résine, le polystyrène et souvent avec l’inclusion de matière organiques

Ce qui m’intéresse, c’est de confronter ces matières brutes au monochrome, pour produire des textures qui parlent d’elles-mêmes. Chaque matériau apporte une voix différente, une nuance supplémentaire à ce dialogue entre ombre et lumière.

MON LANGAGE ESTHÉTIQUE

Le personnage est l’élément central. Il est toujours présent comme un témoin silencieux de la scène, un observateur à la fois extérieur et profondément impliqué. Ce personnage représente à la fois le spectateur et moi-même. Il est celui qui regarde, qui tente de comprendre, qui cherche à saisir le sens de ce qui se joue devant lui.

Mon univers visuel repose sur trois couleurs fondamentales : le noir absolu, le blanc intense et le bleu Klein. Le noir et le blanc expriment cette confrontation brutale entre ce qui est révélé et ce qui est caché, entre l’ombre et la lumière. Le bleu Klein, par sa pureté éclatante, incarne l’espoir, cette possibilité de lumière qui persiste malgré tout.

Les volumes que je crée génèrent des ombres mouvantes, qui évoluent au fil de la lumière naturelle. Ces ombres sont une extension de mon personnage témoin, comme si elles lui offraient plusieurs visions, plusieurs interprétations possibles de la scène.

MON HISTOIRE   

Dès l’enfance, mes frères et moi avons été initiés à l’art par nos parents à travers de nombreuses visites de musées. Mais loin d’un apprentissage classique, nous n’avions aucune explication face aux œuvres.

Notre seule consigne ? Ressentir et analyser par nous-mêmes les émotions qu’elles nous inspiraient. Ce qui aurait pu être un frein s’est révélé une porte ouverte sur la sensibilité et l’imaginaire.

Si nous avons tous évolué dans l’industrie de la communication, nos expressions artistiques ont pris des chemins très différents : l’un dans la passion du théâtre et la production de pièces à Paris, l’autre dans la finesse du collage et de l’aquarelle. Quant à moi, le dessin a toujours été une constante, mais ma créativité s’exprimait avant tout par la cuisine. J’aimais jouer avec les textures, les couleurs et les sensations, mêlant influences moléculaires et réinterprétations de la tradition française à travers une approche sensorielle et intuitive. Ce qui m’animait avant tout, c’était l’acte de créer, d’imaginer, sans jamais reproduire deux fois la même recette.

C’est pourtant au détour d’une exposition que mon chemin artistique a pris un tournant décisif. "Small is Beautiful" a été une révélation, une onde de choc faisant remonter des souvenirs enfouis, des fragments d’enfance et de rêves obsédants. L’écriture minuscule pour appréhender un sujet dans son ensemble, la fascination pour les petits objets, les visions en macro ou en plongée lointaine, les cauchemars teintés de bleu et de noir…

Autant d’éléments qui m’ont fait comprendre la véritable nature de ma pratique artistique et mon incapacité à arrêter de créer .

FLENIX ?   

Après avoir réalisé mon impuissance à contenir cet irrésistible flot d'énergie créative, j'ai cherché un nom d'artiste qui incarnerait le mieux ma nouvelle identité. Un nom qui soit le reflet de ce que je suis et de cette renaissance artistique.

Deux éléments ont été déterminants.

Puiser dans mes origines m'a semblé une évidence. Félix, l’un de mes prénoms, était également celui de mon grand-père paternel et de mon arrière-grand-père maternel. Cette racine devait faire partie de mon nom d'artiste, car elle porte en elle la charge émotionnelle de ces aïeux mais également de tous ceux qui m’ont précédés

Incapable de faire les choses à moitié, excessif en tout, ma vie a toujours oscillé entre des moments de bonheurs intenses et des épreuves terribles. La mort n’a jamais été loin de moi, et par deux fois, j’ai réussi à lui échapper. Grâce à mes proches, j'ai pu renaître à deux reprises... Tel un phénix.

Ainsi est né FLENIX.

Ce nom est un hommage à mes proches, mes amis, ma famille, ceux qui m’ont sauvé: ils vivent en moi à travers moi. Mais c’est également la reconnaissance de ces épreuves traversées, et l’affirmation d’un envol vers un univers qui m’appartient. Un univers façonné par mes expériences, mes émotions, et ma volonté de transformer douleurs/bonheurs en une expression artistique personnelle, une energie créatrice positive… même si parfois elle peut sembler cachée.